16.11.2001.

Anchois : les Basques intransigeants.

Mercredi 14 novembre, Français et Espagnols se sont rencontrés à Madrid. Ils se reverront à la mi-décembre pour discuter du déroulement des prochaines campagnes. Mais les Basques ne font pas de concession pour la fin de campagne.

MERCREDI 14 novembre, une délégation d'un quinzaine de professionnels français s'est rendue à Madrid pour tenter de dénouer la crise de l'anchois, qui oppose principalement les pélagiques de Saint-Gilles-Croix de-Vie et de La Turballe aux bolincheurs basques espagnols. L'objectif à court terme, pour les Français, était d'arriver à gérer la fin de la campagne d'automne (qui se termine le 30 novembre), pour éviter de nouveaux incidents et une déstabilisation du marché.

La semaine précédente déjà, il avait été envisagé de proposer aux Espagnols de débarquer dans un port «sécurisé» des quantités limitées d'anchois ; Le Verdon, dans l'estuaire de la Gironde, avait été évoqué. A plus long terme, les Français entendaient bien arriver à pérenniser l'équilibre qui avait jusqu'ici prévalu. Établi sur la base des accords Josselin signés en 1992 et valables pour 10 ans, il laisse normalement la pêcherie aux Français à l'automne, en compensation d'une coupure au printemps.

Mais, en dépit de longues heures de négociations, la réunion de Madrid n'a pas débouché sur des décisions définitives. Pour ce qui est de la fin de campagne, les Basques de Fontarrabie et de Guetaria ont demandé à consulter leur base avant de prendre toute décision. Cette consultation a eu lieu jeudi 15 et a débouché sur une position dure des Cofradias basques qui ont rejeté les propositions françaises et décider de décharger dans les ports les plus proches des lieux de pêche. Au cours de la réunion de mercredi, les Basques avaient demandé à pouvoir débarquer à Lorient, ce qui apparaissait aux Français peu judicieux, notamment en raison de la présence dans ce port des chalutiers pélagiques. Une possibilité de débarquer à La Rochelle ou à Concarneau avait été proposée mais les représentants basques paraissaient déjà peu enclins à l'accepter, prétextant l'éloignement des lieux de pêche ou la méconnaissance du port.

«A chaque fois qu'on a fait une avancée, les Basques ont bloqué, explique Thierry Thomazeau président du comité local des pêches de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Alors que l'administration espagnole et les professionnels des autres régions semblaient nettement plus ouverts à nos propositions.» Esteban Olaizola, président de la fédération des cofradias de Guipuzkoa, expliquait assez bien la position de principe des Basques en rappelant «qu'ils ont le droit pour eux et peuvent normalement débarquer dans n'importe quel port français».

La seule avancée de l'entrevue à Madrid concerne les échéances à plus long terme : Français et Espagnols ont prévu de se revoir  dans les quelques jours précédant le Conseil pêche Tac et quotas du 17 décembre, pour envisager le déroulement des prochaines campagnes et commencer à renégocier les accords de 1992 (sans doute le 12 ou le 13 décembre). «La fin de campagne ne portant plus que sur quelques jours, un accord ou un blocage à ce niveau devenait plus une position de principe qu'autre chose, estimait jeudi matin Maurice Benoish, président de la Fédopa. L'essentiel, c'est que le dialogue n¹a pas été rompu pour les saisons à venir.»

Thierry Thomazeau, pour sa part, considérait «que les Français ne pouvaient proposer plus dans cette affaire sans accepter de capituler face aux bolincheurs basques». Des réunions entre professionnels étaient prévues ce vendredi 16 à La Turballe et à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, pour faire le point de la situation.

Philippe URVOIS /José AROCENA "Le Marin".


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