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Témoignage de Ramuntxo ECHEVERRIA, 44 ans : la pêche côtière est la plus menacée Des saletés dans les lignes "À certains points, à 140 mètres de fond et à 6 miles et demi de la côte (12 km), il nous arrive de relever dans nos hameçons, des vieux chiffons, des plastiques, des morceaux de ferraille. Ce qui est inquiétant, c’est la glu (gélatineux, marron noir, gras…) qui est déposée sur tous ces produits. D’où provient cette glu? Du dégraissage en mer par les bateaux? Des marées noires? De la pollution de terre? Il y a aussi des milliers de serviettes hygiéniques sur l’eau qui proviennent certainement des égouts. Autre signe de la pollution qui agit sur les espèces : on pêche parfois des merlus avec des vers dans le ventre, des lieux présentant des malformations (grosse tête et corps maigre). De moins en moins de poisson : merlu, rousseau Le rousseau a quasiment disparu. Il y a 25 ans on faisait 1.000 kilos de rousseau par jour. Il y a dix ans, on en pêchait 3 fois par semaine, maintenant jamais. Le merlu a un long cycle de reproduction, 7 ans. Ce qui est grave c’est qu’il n’a pas le temps de se reproduire ni de grandir, car il y a beaucoup trop de filets à l’eau en même temps. Si avant on pêchait des merlus de 3 à 4 kilos, maintenant les plus gros ont 1,5 kg. Le merlu que l’on pêche de Mai à Août, n’a pas d’œuf. Il est trop petit pour reproduire.
Mon grand père "KICHOU" (1950) avec 1 ligne de 3 hameçons par matelot ramenait 1.000 kilos de merlu à 6 bonhommes. Puis 30 hameçons, puis des palangres de 500 hameçons. Il y a 10 ans, on jetait 1.000 hameçons et on faisait des journées de 120-140 kilos, maintenant avec 1.800 hameçons il est très rare de pêcher 100 kilos, l’habituel c’est 40-50 kilos, soit 3 fois moins. Résultat : on est obligé d’aller en mer même le dimanche pour gagner sa vie à la période du merlu. Forcément la vie de famille s’en ressent. En même temps que le merlu, c’est le métier qui tend à disparaître. Il y a dix ans nous étions 30 ligneurs merlutiers au port de St Jean de Luz, aujourd'hui 9 (4 de nuit et 5 de jour). Si on n’avait pas la pibale, on ne tiendrait pas. Abus des pêcheurs Il y a eu beaucoup trop d’abus de la part des pêcheurs eux-mêmes, en jetant de plus en plus d’hameçons, en mouillant de plus en plus de filets, en chalutant partout. En 1989, une paire de chalutiers pélagiques qui rentrait avec 20 tonnes dans une marée de 8 jours, avec 10 membres d’équipage, faisait la pêche équivalente à 2 fois la saison annuelle d’un merlutier avec 3 hommes à bord (soit 10 tonnes/an)" |
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