Commerce, artisanat, industrie, tourisme
Les normes ISO seront les garanties, les labels qui permettront aux uns et aux autres de mieux vendre en produisant
plus proprement : ISO 9000 pour les entreprises et services, ISO 14.001 pour les filières, les sites, les
stations balnéaires, les régions. Il faudrait introduire la qualité des eaux du littoral dans la garantie ISO
14.001. Il serait intéressant d’étudier la manière d’appliquer cette reconnaissance ISO à la filière pêche du
Sud Ouest : par exemple, en donnant un label vert aux bateaux qui ramènent leurs déchets de mer, qui travaillent
le poisson dans des normes qualitatives : froid, traitement, marquage de l’origine et jour pêché…
“Eco-conception” fut le terme utilisé par la conférence de Stockholm en 1972, traduit aujourd’hui par “développement
soutenable” ou durable. Il s’agit de concevoir une production industrielle ou autre en laissant la
nature comme on l’a trouvée au départ, en assurant une activité “propre” de A à Z. Ce sera le défi des années
2000 à travers le monde. Le recyclage deviendra non seulement une manière de respecter l’environnement
mais de pérenniser une entreprise.
Par rapport aux commerces, les chaînes des GMS (Grandes et Moyennes Surfaces) ont une influence prépondérante
sur le mode de vie et d’alimentation des habitants. Elles auraient tout à gagner à rentrer dans la
norme ISO 14.001, poursuivre les campagnes comme celle des sacs plastiques biodégradables et répondre
aux besoins des consommateurs très sensibilisés aux questions environnementales.
La taxe prélevée aux industriels qui utilisent les emballages plastiques est allée à la caisse de l’État, non pas
pour aider les entreprises à produire plus proprement, mais pour financer les 35 heures. Cela est significatif
d’une incohérence à combattre.
La rébellion silencieuse des consommateurs
En 1990, les ménages français consacraient 30% de leur budget à
l’alimentation, aujourd’hui 16%. Il y a une perte marchande des consommateurs: les diverses crises du secteur agroalimentaire y sont pour quelque
chose, d’autre part, dans le budget ménage, d’autres chapitres comme les loisirs prennent plus de place.
Cependant une des forces que chacun possède demeure celle de choisir ou de refuser un produit : la discrète
et efficace révolution du chariot.
Si les consommateurs n’achetaient plus de désherbants, de produits de lessive et de vaisselle à taux élevé en
phosphates, les fabricants seraient obligés de suivre et de mettre en vente des produits moins polluants.
Si les consommateurs exigeaient de connaître la traçabilité des produits qu’ils mangent, l’agriculture dopée
à base de nitrate serait obligée de se corriger : Pain sans azote! ou pain azoté à vous de choisir!
(“a-zote”signifie en grec, “sans vie”) Ils peuvent encourager la pêche artisanale par une meilleure connaissance des poissons de saison, en s’informant
sur la valeur des produits frais, d’excellente qualité venant d’un bateau dont ils sauraient la traçabilité.
Il y a manière de manger bon et frais en apprenant des recettes de poisson bleu, bon marché.
De même, les consommateurs peuvent se renseigner sur le parcours des produits pétroliers, mettre la pression sur les
sociétés qui pratiquent la navigation à bas prix et à haut risque de pollution. Également pour les substances synthétiques
: il en existe 100.000; 200 seulement sont répertoriées; 12 interdites à la vente et souvent remplacées
par d’autres. N’accepter sur le marché que les substances ayant fait leur preuve avant leur première vente!
Une éthique mondiale
Une éthique de l’environnement et du développement se
met peu à peu en place après la Conférence de Rio qui a popularisé le concept de “développement soutenable”
(sustainable development), présenté par la commission Brundtland. Il s’agit d’un processus de changement qui
ne met pas en danger les systèmes naturels qui nous font vivre (air, eau, mer, sols, êtres vivants), un processus
qui permet de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des
générations futures de répondre aux leurs; un processus qui prend en compte les limites de l’environnement, l’accès équitable de
tous aux différentes ressources et les besoins alimentaires et sociaux de tous les humains. Il n’existe aucun
modèle idéal de développement soutenable (mal traduit par «durable » en français).
Selon une étude récente (Groupe Inter-gouvernemental d’experts sur l’Évolution du Climat), l’élévation des
températures due à l’activité économique variera de 1,4° C à 5,8° C, d’ici à 2100 et les niveaux des mers
devraient s’élever de 9 à 88 cm. L’impact du réchauffement atteindra de plein fouet les régions tropicales et
subtropicales en augmentant les menaces sanitaires dans les pays les plus pauvres.
La survie de l’humanité peut dépendre de la façon dont on saura élever le développement soutenable au rang
d’une éthique mondiale. La plupart des ONG et des religions sont acteurs et porteurs de ce mouvement qui
va très certainement marquer notre 3e millénaire : sauver l’humanité tout en sauvant la planète.
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